Avant même de commencer le tournage, il a été nécessaire d'inventer des outils sur mesure pour filmer les "personnages" du film, les insectes, comme sont filmés les acteurs dans les films de fiction : pouvoir accompagner leurs actions avec des travellings, mouvements de grue et autres panoramiques, de façon à leur donner la stature de véritables protagonistes. Après deux ans d'efforts, un "motion control" (robot commandant à distance tous les mouvements de caméra) révolutionnaire a pu être enfin opérationnel. Une grosse caméra 35 mm guidée du bout des doigts avec une précision au dixième de millimètre et sans vibrations. Cette machine de 300 kilos fut accrochée au plafond en béton du studio de prises de vues construit spécialement pour le film dans une zone sauvage du centre de l'Aveyron, le plateau du Lévézou. Plus des trois-quart du film a été ainsi filmé en studio, mais un studio situé en plein champ. Presque chaque scène du film est un mélange de plans tournés en extérieur, tout autour du studio et de plans effectués à l'aide du "motion control". L'univers sonore du film, très élaboré, est un mélange entre des sons réels, captés sur le terrain avec des microphones spéciaux, et des sons créés par le "sound designer" et monteur son Laurent Quaglio, lors du montage du film, après discussions avec les réalisateurs. Bruno Coulais, compositeur de la musique, a travaillé en concertation étroite avec le monteur son de telle sorte que souvent, on ne sait si les sons entendus sont dus à des instruments de musique ou aux insectes.