Tous les trois jours, un détenu se suicide dans les prisons françaises. En cause : surpopulation carcérale, vétusté d’une bonne partie des maisons d’arrêt et violence entre prisonniers. Une situation qui provoque régulièrement la condamnation de la France par la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Tout nouveau détenu qui découvre cet univers est particulièrement stressé par ce qu’on appelle : le choc carcéral. Il est tel que les risques de suicides sont les plus élevés pendant les dix premiers jours. Du fourgon de l’Administration Pénitentiaire à la fouille au corps jusqu’à la première nuit en cellule, comment se déroule l’accueil des arrivants ? Toxicomanes en manque, détenus dépressifs et harassés après des heures de garde à vue, les surveillants ont-ils vraiment les moyens d’éviter qu’ils se rebellent ou à l’inverse qu’ils ne commettent l’irréparable ? Entre la discipline des gardiens et la loi des caïds, entre le règlement officiel et les petites combines, un document vérité sur le difficile apprentissage de la prison.
Comment, grâce aux satellites, les États-Unis ont entrepris de contrôler la Terre « d’en haut » et de militariser l’espace. Une enquête terrifiante, à regarder tant qu’il en est encore temps. C’était à la fin des années 1950 : l’URSS et les États-Unis lançaient leurs premiers satellites dans l’espace. Un demi-siècle plus tard, ces bijoux technologiques sont devenus indispensables au bon fonctionnement de nos sociétés interconnectées. Sur eux repose la gestion de nos communications (télévision, téléphone portable…) comme celle de nos économies (cartes de crédit, activités boursières…), la prévision météorologique (cyclones, sécheresses…), les appareils de positionnement (GPS, trafic aérien…), la récolte de données (sur les gisements de matières premières, la pollution, le réchauffement climatique…), etc. Un réseau fragile sans lequel tout cesserait instantanément de fonctionner. Parallèlement, les satellites sont devenus un formidable moyen de surveillance des activités politiques, commerciales et militaires. Les contrôler devient un enjeu capital. Au nom de la pax americana – par référence à la pax romana, doctrine selon laquelle la puissance dominante se doit d’assurer la paix du monde –, les États-Unis se sont lancés dans une politique visant à empêcher leurs adversaires (mais aussi leurs alliés) de leur faire concurrence « là -haut ». L’enjeu ? Monopoliser l’espace pour contrôler la Terre « en bas »… Fruit de cinq années d'en-quête, le documentaire de Denis Delestrac montre que nous sommes à un moment charnière de l'histoire mili-taire et géopolitique. Réalisateur et scénariste, Denis Delestrac signe avec « Pax Americana ou la conquête militaire de l’espace » son premier long-métrage documentaire.
Ce sont sept âgés de 20 à 24 ans qui font partie des 2 % des candidats rescapés d’une sélection draconienne, qui refoule plus de mille candidats chaque année. Sur la base 705 de Tours, pendant sept mois, ils vont tenter de réaliser leur rêve d’enfance : devenir pilote de chasse. Une formation difficile où le droit à l’erreur n’existe pas, où la pression est chaque jour plus forte...
Les kurdes du nord de l'Irak vivent en paix depuis quelques années sous la protection des forces alliées. Après les persécutions sous le régime de Sadam Hussein, ils disposent d'une relative autonomie, ils gèrent cette région avec leur propre administration et leurs force militaire et policière. Quel sera leur avenir après le retour de la paix en Irak, comment cette autonomie sera vécue par les pays voisins, particulièrement l'Iran et la Turquie ?
Sept ans après le déclenchement de la troisième guerre du Golfe, le réalisateur dresse un état des lieux des rapports de force politiques en Irak, dont l’avenir dépend en grande partie de la répartition de la rente pétrolière. Premier constat : le pays est toujours fragilisé par les tensions entre les communautés sunnite (21 % de la population irakienne, principalement répartis dans le centre de l’Irak), chiite (52 %, occupant surtout le sud du pays) et kurde (23 %, concentrés dans le nord). Il y a une partition de fait du pays. Mais la reprise en main des gouvernements régionaux par le pouvoir central de Bagdad, ainsi que la décision de faire de l’attribution des concessions pétrolières une prérogative nationale, entraînent une redistribution des cartes. - Entre division et unité, quelle tendance l’emportera ? - Le gouvernement de Bagdad restera-t-il maître des ressources ? - Le pays se dirige-t-il vers un modèle fédéral et ultra-libéral à l’américaine, ou vers un modèle centralisé et autoritaire à l’iranienne ? En Irak plus qu’ailleurs, ceux qui contrôlent le pétrole contrôlent le pays. • L’enquête commence dans la ville pétrolière de Kirkouk, au nord de Bagdad, revendiquée à la fois par les Kurdes, les Turkmènes et les Arabes. Pour ces derniers, par ailleurs dépourvus d’or noir sur l’essentiel de leur territoire, se voir accorder le pouvoir sur cette ville représenterait leur seul espoir dans la perspective d’une redistribution équitable des hydrocarbures. Mais ce sont les Kurdes qui ont pris le contrôle de Kirkouk lors de l’arrivée des Américains en 2003… • Le voyage se poursuit au Kurdistan irakien où la population refuse l’idée d’un État centralisé. Pour bien marquer leur autonomie, les dirigeants kurdes ont déjà signé des contrats avec des compagnies pétrolières étrangères, s’attirant les foudres du pouvoir central de Bagdad. Cette région est aussi la proie des investisseurs économiques – des entreprises américaines pour la plupart – qui tirent profit de la « reconstruction ». • Dans une troisième étape, le réalisateur nous emmène dans le sud chiite, à Bassora, où se trouvent près de 90 % des réserves pétrolières du pays. Là , le gouverneur considère les intérêts locaux comme prioritaires par rapport à l’intérêt national. Alors que l’Iran voisin rêve d’un Sud irakien autonome, le gouvernement de Bagdad tente d’y rétablir l’État de droit…
Benazir Bhutto vient d’être tuée dans un attentat-suicide lors d’un meeting dans la banlieue d’Islamabad au Pakistan.Soutenue par les Etats-Unis, à l’automne, elle était rentrée d’exil dans son pays pour participer au processus électoral avant les législatives, le 9 janvier 2008. Elle avait déjà échappé à un attentat le jour même de son retour, le 18 octobre 2007. Benazir Bhutto visait le poste de Premier ministre sous la présidence militaire de Pervez Musharraf. C’est dans cette période sous haute tension qu’une équipe de Jeudi Investigation a suivi l’ancienne Premier ministre pakistanaise. Alors que le mouvement des avocats défie le pouvoir, Musharraf décrète l’état d’urgence et enferme Benazir Bhutto en résidence surveillée. La caméra de Patrick Chauvel était avec elle. Sur fonds de misère et d’attentats, le pays est déchiré entre une jeunesse tenté par le radicalisme islamiste, une classe moyenne tourné vers la démocratie à l’occidentale et le pouvoir militaire de Pervez Musharraf, contesté mais soutenu lui aussi, à bout de bras par les Etats Unis. Jeudi Investigation était au cœur de la crise de cet automne jusqu’au dernier souffle de Benazir Bhutto. Un document qui, au-delà du portrait de l’ancienne Premier ministre, propose un décryptage en profondeur de cette société pakistanaise, déchirée entre une dictature militaire et la menace des islamistes.
Les océans sont des zones stratégiques. La guerre froide a également fait rage loin des côtes, dans des profondeurs qui cachèrent les hostilités aux yeux du monde. L'Est et l'Ouest se sont épiés sur et dans toutes les mers du globe, et les sous-marins américains ont pénétré secrètement dans les ports contrôlés par les Soviétiques. Ceux-ci devaient, quant à eux, affronter plusieurs ennemis à la fois : les Américains, la nature et les failles de leur propre technologie, bien inférieure à ce que la propagande laissait entendre. La marine russe a ainsi dû faire face à plusieurs accidents nucléaires, souvent meurtriers.
Etat des lieux en Angola en 2006, objet de ce documentaire, puis tendances actuelles : Après le Nigeria, l’Angola est le deuxième pays producteur de pétrole du continent africain. Un pays où la misère et la dévastation provoquées par vingt ans de guerre civile contrastent avec les installations ultramodernes des puits de forage. Les immenses réserves de l’Angola se trouvent en mer, à quelques encablures de la côte. À la qualité du pétrole angolais s’ajoutent d’autres atouts, qui expliquent l’intérêt des pays industriels : la relative stabilité du gouvernement, l’absence de menace terroriste directe et surtout, pour les États-Unis, la proximité par rapport aux pays arabes. En 2005, les revenus générés par l’or noir ont été estimés à près de 7 milliards de dollars. Et pourtant, l’Angola offre toujours une image de grande misère, avec des infra-structures routières quasi inexistantes en dehors de la capitale Luanda, peu de travail et un état sanitaire déplorable. Seul le programme d’aide alimentaire de l’ONU permet de nourrir une population rurale qui ne tire encore aucun bénéfice de l’exploitation pétrolifère menée sous la bannière de Total.
Des cabinets privés au service de grands groupes industriels, financiers ou agricoles pour intervenir auprès de politiques. Des groupes de pressions qui parviennent à faire modifier des lois… En France, on dénombre une vingtaine de cabinets de lobbyistes et une centaine de consultants. Des agences installées stratégiquement aux abords de l’Assemblée nationale, des ministères et qui ne cessent de se multiplier. Toutefois, contrairement à nos voisins européens, cette profession n’est pas encore reconnue en France. La présence de lobbyistes est même interdite au Palais Bourbon. Et pourtant, on les croise dans les couloirs de l’Assemblée, dans les bureaux des députés, Salle des « quatre colonnes ». Lundi Investigation a infiltré le cœur du système pour comprendre comment ces lobbyistes arrivaient, dans la discrétion, à toucher les plus hautes instances du pouvoir et quels étaient leurs leviers de persuasion. Enquête sur le pouvoir invisible des groupes de pression.
Le voyage d'une citoyenne américaine qui découvre le mensonge, l'oppression et la corruption qui ont envahi son pays depuis les événements du 11 septembre 2001. C'est la lutte continuelle de l'Amérique pour garder un équilibre entre la démocratie, le capitalisme et le fascisme. Il s’agit d’un documentaire dont le fil conducteur est le parcours personnel de Christine Rose, ou comment une jeune américaine (la trentaine) est devenue une activiste politique. Solidement construit sur une suite d’interviews, dont certains particulièrement percutants, le film a l’ambition d’être un essai de sociologie : comment une des plus anciennes démocraties du monde a-t-elle glissé vers le fascisme. Les interviews de Howard Zinn, Michael Ruppert et Michel Parenti sont à cet égard particulièrement remarquables. Ceux qui connaissent ces personnes, leurs livres, leurs sites internet, ne seront pas surpris. Notons l’interview d’un ancien officier, harcelé pour avoir critiqué l’administration Bush dans un e-mail, et qui se nomme - clin d’oeil amusant - Michael Moore...