Direct et efficace, la maxime de Krav-maga, peut aussi s'appliquer à sa propre évolution sur le plan médiatique : fulgurante ! Pour Richard Douieb, cet art martial par essence israélien doit rester axé sur une pédagogie mais aussi une déontologie strictes. Depuis 1948, date de création d'Israël, le conflit qui oppose l'Etat hébreu à l'entité palestinienne, les guerres, le terrorisme, a forgé, voire affûté à l'extrême, l'esprit d'une population entière exposée aux risques ultimes. Dans les rues ensoleillées de Tel Aviv, la vie suit pourtant son cours ordinaire : la capitale politique s'affaire avec une frénésie toute méridionale, et à deux pas des plages, les avenues commerçantes et leurs boutiques à la mode ne désemplissent pas. Enfin, le soir une jeunesse débordante de joie de vivre sort dans les cafés et les discothèques de Tel Aviv. Tout porterait à croire qu'Israël prospère dans la paix. Seulement voilà , certains signes forts, comme l'omniprésence de militaires, pistolet-mitrailleur en bandoulière, rappelle l'inexorable menace terroriste qui telle une épée de Damoclès peut frapper à tout moment le peuple juif. Telle est la terrible réalité de la guerre. De l'adaptation à cette situation martiale, les Israéliens développent paradoxalement, en apparence, un tempérament fort et direct : celui de l'efficacité. Celui-là même qui constitue l'essence du système Krav-maga : " Traduit par combat rapproché, le Krav-maga, expose Richard Douieb, président fondateur et directeur technique de la Fédération européenne de Krav-Maga, cet art martial est israélien par essence. Le Krav-maga correspond à la mentalité directe et orientée vers l'efficacité des Israéliens ". Aujourd'hui, le peuple hébreu connaît mieux cet art martial, qui, classé secret-défense et réservé jusqu' en 1964 à l'instruction des troupes d'élite de l'armée israélienne, a ensuite été démocratisé par son fondateur, Imy Lichtenfeld. Cette apparition tardive et artisanale du Krav-maga en Israël n'a toutefois pas empêché son essor rapide à l'international. Plusieurs experts, à l'instar de Richard Douieb en France, ont été missionnés par Imy Lichtenfeld pour le représenter à l'étranger. Mission accomplie. Non seulement, le Krav-maga est enseigné à peu près partout, tant dans le civil que le corps des professionnels de la sécurité mais encore il a déjà fait irruption sur le grand écran avec une ambassadrice de charme : Jennifer Lopez dans Plus Jamais. Une médiatisation dont Richard Douieb se réjouit tout en prônant, par ailleurs, la conservation du patrimoine du Krav-maga dans son essence. En créant la fédération européenne de Krav-maga, c'était en 1998, Richard Douieb entend assurer la pérennité des techniques du combat rapproché israélien. Voici, en exclusivité pour Karaté Bushido, l'analyse qu'il fait, lui le formateur du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale, de l'évolution du Krav-maga en France.